Le Silence de l'Exode

2015-07-30

Partition écrite par le clarinettiste Yom d'un seul tenant, "Le Silence de l'Exode" n'en est pas moins en plusieurs épisodes - de Ramsès à Moïse. Selon nos cultures nous ne les connaissons pas forcément tous mais peu importe, Yom nous demande juste de nous imaginer dans le désert. 

Des sons tenus et graves, viennent se juxtaposer des harmoniques créant un trouble : nous sommes dans le désert, on entend un mirage ! Les instruments choisis pour conter cet exode ajoutent à la gravité du sujet : cordes basses (violoncelle et contrebasse) percussions à peaux graves (zarb et daf) . La clarinette, elle, est l'instrument qui peut psalmodier comme la voix humaine.

On comprend que l´exode débute quand le daf commence à jouer. Le départ est donné, il y a dans la musique comme une urgence - urgence ponctuée par des moments de pause - où parfois en solo, ou en duo un instrument s'interroge, questionne - et des moments de marche - où tous les instruments font corps. Chaque épisode requiert des sonorités nouvelles : le jeu inédit à deux archets de Claude  Tchamitchian, un au dessu,s un au dessous de la corde, créant un son totalement mystérieux, les séquences battuta où le violoncelle et la contrebasse rivalisent de rapidité avec le percussionniste, les longs monologues d´un seul souffle de Yom, le jeu si coloré de Bijan Chemirani - qu'on en oublierait qu'il s'agit de percussions - et le jeu à la façon d'un oud de Farid D, aux résonnances si profondes.

D'une puissance émotionnelle exceptionnelle - l´exode, l'exil ne se fait pas sans déchirure - petit à petit, à force d'épisodes le cheminement se fait plus confiant. Mais il ne s'arrête jamais, la pièce se terminant dans un immense decrescendo laissant penser à un éloignement plus qu'à une fin. Laissant aussi et ainsi libre cours à notre propre cheminement.


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