Elina Duni, d'un vaste horizon, séduit le public venu en nombre

25/07/2016

On se souvient de sa voix grave et rocailleuse, s'élançant parfois dans des aigus vertigineux, de ses scats aux allures magiques en langue balkanique, de ses musiciens innovants, Elina Duni au CosmoJazz, c’était en 2011 au Tour à Charamillon. C'est elle qui avait "inauguré" ce spot comme elle le fait aujourd'hui à l'Alpage de Loriaz. Un bon présage pour cette nouvelle scène  de concert ?

En tous cas le public est venu en nombre se frotter aux 700 mètres de dénivelé et prendre avec bonheur place dans les pâtures non loin des vaches en estive. Cette année la chanteuse revient seule et avec une création. Des variations en chansons autour du thème du départ, ponctuées par des récits :  lettre d’amour -peine universelle, ou plus personnelle quand elle évoque ses souvenirs d'enfance et l'image de sa grand-mère en Albanie, l'oppression et puis l'exil. Récit romancé aussi quand le "je" devient cette jeune fille le matin de son mariage - et quitte sa famille - ou oniriques pour réussir à dire la douleur de l'exil "je traîne des mots comme je traîne des pieds"  mais ses mots captivent.

Dans les chansons choisies, beaucoup sont traditionnelles - d'un vaste horizon. Elina chante en Albanais bien sûr, en italien ( frissonnant « adio «  et on pense à tous ces immigrés passés en dessous par la vallée) en arabe, en yiddish ( si belle reprise de Mamele), en allemand, en anglais( juste avec quelques notes, elle suggère le blues - qui lui va si bien), en français avec une de ses récentes compositions. 

Qu'elle s'accompagne avec sa guitare d'une façon très intime, ou aux tambours agilement, sa voix est de toute façon ainsi, riche en harmonies et rythmée par toutes ses langues - un paysage vaste,  une âme qui a souffert et qui s'évade en musique.


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